Pérol : Président à vie

Les députés qui débattaient cette nuit du projet de loi destiné à unir les organes centraux des Banques Populaires et des Caisses d’épargne pour sauver Natixis, ont émis des doutes sur la solidité du nouvel ensemble.
Le président du Nouveau Centre, Charles de Courson s’est dit dubitatif sur l’intérêt réel d’un tel rapprochement. Quant au groupe socialiste, il s’est évertué à démontrer que l’opération ne suffirait probablement pas à rétablir la situation catastrophique de Natixis.
Après 2,8 Mds€ de pertes en 2008 et encore 1,9 Md au 1er trimestre 2009, Jerôme Cahuzac, a rapporté que des sources liées aux pouvoirs publics auraient évalué jusqu’à 30-35 Mds€ les risques de pertes à venir sur le portefeuille de 51 Mds€ d’activités gérées en extinction chez Natixis. Selon le président du groupe socialiste, pour permettre au nouvel ensemble Caisse d’Epargne –Banques Populaires de retrouver la confiance des marchés, il faudrait que l’Etat donne sa garantie sur ces pertes futures comme il l’a fait chez Dexia à hauteur de 7 Mds€. Faute d’accorder cette garantie, l’avenir de Natixis et de l’ensemble du groupe déjà recapitalisé à hauteur de 7 Mds€, semble mal assuré. Et si les pertes continuaient à se creuser, les sociétaires de Caisses d’Epargne et des Banques Populaires devront probablement venir à la rescousse, à moins que le groupe trouve des acheteurs pour se vendre par appartement, a conclu Jérôme Cahuzac.

Autre motif de contestation : le mode du gouvernance qui induit une sorte de « présidence à vie » pour François Pérol,. En effet, pour destituer celui-ci, le texte de loi que doivent voter les députés, prévoit qu’il faudra une majorité de 15 voix sur 18 sièges au conseil de surveillance. Ce qui signifie qu’un des 4 représentants de l’Etat que va nommer François Pérol devrait voter contre lui, ce qui semble inimaginable.
Enfin, certains députés ont craint la disparition du caractère mutualiste de l’ensemble Ecureuil-Banques Populaires du fait d’une plus grande centralisation des contrôles, des nominations et des décisions. Ils ont été nombreux à soulever le problème de la représentation des sociétaires qui ne pèseront pas grand chose au sein du Conseil de surveillance bien qu’ils possèdent 70 % des droits de vote.

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