La BRI, vent debout contre les risques de rechute

Qui se souvient du discours tenu en juin 2007 par Malcolm D Knight, directeur général de la Banque des Réglements Internationaux à l’époque, n’est pas enclin à prendre à la légère les mises en garde de son successeur.

Il y a trois ans, la BRI était la première à tirer la sonnette d’alarme dénonçant pêle mêle les effets de leviers absurdes des banques, les transferts de risques complexes, les dérivés de crédit et les opérations de titrisation. Tous les ingrédients d’une crise bancaire qui allait exploser seize mois plus tard avec la faillite de Lehman.

Hier, l’ institution créée il y a 80 ans, au lendemain de la crise de 1929, s’est de nouveau montrée préoccupée. Jaime Caruana, son directeur général a averti que si les grands argentiers ne mettaient pas rapidement un terme à leurs plans de soutien conjoncturels et aux politiques monétaires accommodantes, l’économie mondiale allait rechuter. Le système financier est devenu trop dépendant des perfusions monétaires et ne sait plus tenir debout sans les soutiens à la croissance étatiques.

C’est donc bien dans le rôle de la BRI, celui de hub financier qui gère les échanges d’informations des banques au plan international, de préconiser l’arrêt du dopage. Axel Weber le président de la Buba aurait d’ailleurs pu endosser ce discours, ce qui laisse penser qu’à son conseil de 19 banquiers centraux présidé depuis peu par le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer qu’on range du côté des « colombes », ce sont encore les « faucons » qui tiennent le haut du pavé.

A noter que la BRI recommandait aussi hier aux banques centrales, comme le fait déjà la Fed, d’élargir le cadre de leur politique monétaire, d’œuvrer pour la stabilité des prix, mais aussi la
stabilité financière et la stabilité 
macroéconomique à long terme, un discours qui ne fait pas parti du répertoire de la Buba.

Enfin, on pouvait aussi lire entre les lignes. Faute d’avoir obtenu du G20, l’application immédiate de son projet de renforcement des normes prudentielles dans le collimateur des lobbies bancaires, il ne reste plus à la BRI qui accueille en son sein le Comité de Bâle, qu’à recommander aux banques centrales de resserrer leur politique monétaire. Si elles veulent déployer des gardes fou contre les effets de levier et la spéculation bancaire qui retardent l’assainissement des bilans, les instituts d’émission devront remonter leurs taux plus tôt que les seules perspectives macroéconomiques ne le laissaient envisager, a expliqué en substance l’institution.

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