Opération « trading propre » à la City

Les britanniques ont longtemps été fiers de leur « Light Touch » qui permettait à toutes sortes d’innovations financières de s’épanouir dans environnement réglementaire permissif. Mais aujourd’hui, cette surveillance allégée aurait plutôt tendance à éloigner les investisseurs en quête d’un cadre régulé. Et la City veut redorer son blason.

Grâce à l’affaire Enron et à la loi Sarbanes Oxley, qui a servi de repoussoir à Wall Street, Londres a retrouvé sous Tony Blair, son rang de premier centre financier mondial. Aujourd’hui, avec 15 000 institutions financières sur place, 12 % des emplois du Royaume Uni, 45 % de transactions mondiales sur les actions réalisées sur les marchés réglementés et 75 % de celles sur les plate formes opaques en plus de 40 % des échanges mondiaux de dérivés OTC ( non compensés), la City totalise 9,4 % du PIB britannique.

Le retour de la confiance mise à mal par la crise financière est donc un enjeu de taille. C’est aussi l’une des tâches prioritaire de la nouvelle coalition des conservateurs et des libéraux. Dès la mi-juin,le ministre des Finances a donc décidé de fermer le FSA. Le régulateur unique décrié pour son manque de clairvoyance avant la crise va donner naissance au sein de la Banque d’Angleterre à deux autorités distinctes en charge du contrôle des établissements financiers : l’une pour la régulation et le contrôle prudentiel, l’autre pour surveiller le comportement des banques et des brokers vis à vis de leurs clients.

« Le FSA considérait que sa mission première consistait d’abord à favoriser l’essor de la City, et ensuite à réguler » explique Dominique Cerutti, le directeur général-adjoint de NYSE Euronext qui intervenait hier à l’occasion d’une conférence de l’Institut de l’Entreprise. Il estime à présent que les choses sont en train de changer « dans une démarche crédible » de surplus.

Outre manche, on s’attaque aux commissaires aux comptes des banques plutôt qu’aux agences de notation. Les auditeurs plus habitués à se ranger plutôt du côté de leur client que du régulateur, vont devoir évoluer. Il leur faudra faire preuve à l’avenir de plus de scepticisme à l’examen des comptes bancaires, réaliser plus d’enquêtes, et rendre plus de rapports au régulateur, faute de quoi les sanctions vont tomber, a averti en substance Georges Osborne.

Mais attention, il faut pas attendre de la City qu’elle se coupe un bras. Elle va certes taxer les bonus et prélever l’impôt sur les actifs bancaires. Mais pas question de remonter la fiscalité des plus values des particuliers au delà d’un seuil raisonnable. Les traders britanniques ont appris avec soulagement que dans la réforme fiscale, celui-ci sera fixé à 28 % contre 18 % précédemment. En France, on passera bientôt à 38 % !

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