Stress tests : les premiers secours sur place

Sur les marchés, la décision de publier à partir du 23 juillet prochain les stress tests des banques européennes va peut-être permettre d’y voir plus clair, mais avant de se sentir rassurés les investisseurs sont inquiets. Ils aimeraient être certains que la vague des défauts de paiement simulée pour effectuer les tests, ne va pas emporter avec elle les banques régionales coopératives mal en point, et obliger les banques cotées à des recapitalisations qui risquent de se solder par un jeu de massacre pour les actionnaires existants.

Il faut de l’audace et du matériel de réanimation si l’on veut fracasser les bilans bancaires contre des murs de dettes. Les Etats européens qui partent du principe que ce qui ne tue pas, rend fort, vont profiter des réunions de l’Eurogroupe et de l’Ecofin, les 11 et 12 juillet, pour régler les derniers détails concernant cette épreuve. Et dès aujourd’hui, le comité des régulateurs européens pourrait aussi donner des indications sur la méthodologie et le nombre de banques concernées.

Mais ce qui compte surtout c’est que les postes de secours soient bien calibrés, s’il faut remettre sur pied les blessés. Car tout laisse penser qu’à l’instar des 10 banques américaines qui avaient dû lever l’an dernier 75 milliards de dollars pour renforcer leur bilan, à la suite des tests, les européennes risquent d’avoir besoin d’un coup de pouce au deuxième semestre.

Les fonds de recapitalisation nationaux sont déjà sur place pour fournir les capitaux aux banques incapables de se refinancer sur les marchés. En Espagne et en Allemagne, ils se préparent au sauvetage éventuel des Landesbanks et des Caisses d’Epargne espagnoles. En deuxième ligne, la commission européenne est prête si besoin à débloquer ses 60 milliards d’euros de prêts communautaires affectés au Fonds de stabilisation financière. Enfin, si tout ça ne suffisait pas à requinquer les banques grecques, irlandaises ou portugaises, entre autre, la facilité de paiement de 440 milliards d’euros, décidée en mai à l’initiative des 16 gouvernements de la zone euro fournira le reste. C’est une marge de sécurité supplémentaire.

Le refus, pour l’instant, du nouveau gouvernement slovaque issu des urnes en juin, d’honorer les engagements de ses prédécesseurs en faisant adopter sa quote part de la facilité, est un grain de sable qui ne devrait pas bloquer le mécanisme. Car, selon Bruxelles, on a compté large. Chaque pays peut devoir fournir non pas 100 % mais 120 % de sa quote part des 440 milliards d’euros, et les cautions peuvent être tirées, dès lors que 90 % des engagements ont été signés, ce qui est déjà le cas.

Plusieurs digues sont donc en place pour contenir la marée.

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