Rating : du berger à la bergère

Pour les marchés de taux c’est un non évènement, mais pour les politiques, l’ardeur mise par la Chine via son agence Dagong Global Credit Rating, à noter la dette de 50 pays et à diffuser largement l’information rejoint la pluie acide de messages destinés à l’Occident.

Les obligations des Etats n’ont pas bronché à la publication d’un AA- pour qualifier la dette française, d’un AA avec perspective négative pour les Etats-Unis ou encore d’un AA + pour l’Allemagne.

Jusqu’ici aucune agence n’avait osé mettre en doute le triple A de ces trois pays. Et, si l’on en croit l’absence de réaction, l’audace chinoise de Dagong Global Credit Rating, ne va pas changer grand chose. Ceci pour au moins deux raisons, selon Christian Parisot, responsable de la recherche chez Aurel Etc Pollak. Primo, Dagong Global est aux ordres de Pékin, ce qui altère sérieusement sa crédibilité. Secundo, pour que les investisseurs prennent au sérieux ses notations, il faudrait non seulement que l’agence fasse preuve de plus d’antériorité, mais surtout qu’elle soit reconnue par les grands organismes internationaux. « Une banque est prête à payer un titre, un peu plus cher dès lors qu’elle peut le mettre en pension à la banque centrale, d’où l’importance de voir son rating reconnu par la BCE » explique le responsable de la recherche d’Aurel.

D’un point de vue impartial, il n’est pas inutile pourtant de s’habituer à un son de cloche différent. L’audace de Dagong qui module davantage ses notes, n’accordant le fameux triple A qu’à 7 pays, contre 13 ou 14 pour ses concurrentes, suit une certaine logique. D’un point de vue chinois, seuls la Norvège, le Danemark, le Luxembourg, la Suisse et Singapour, la Nouvelle Zélande et l’Australie auraient des monnaies assez solides pour honorer leurs dettes quoiqu’il arrive.

On sera plus sceptique sur la note que la Chine s’auto-attribue, un AA+, qui la place sur un pied d’égalité avec les meilleurs « grands » créanciers de la planète Canada, les Pays Bas et l’Allemagne.

Et il sera difficile de ne pas voir dans la notation attribuée aux Etats-Unis (AA), un cran derrière Pékin, un message politique, incitant les américains à s’occuper de leur dette plutôt que de réévaluation du Yuan. Car, selon Christian Parisot, il n’y a pas de doute que tant que le dollar joue son rôle de refuge, les Etats-Unis méritent mieux que le rang actuellement accordé à l’Espagne par les agences américaines.

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