La Hongrie, source d’inspiration pour Athènes

Le regard rivé sur les stress tests bancaires, les marchés ont peu prêté attention à ce qui se passait aux frontières Est de l’Union Européenne ces jours-ci. Certains, ont donc découvert hier matin avec perplexité, que le nouveau gouvernement de Viktor Orban affublé d’une majorité des deux tiers au parlement, avait profité de la diversion, pour renvoyer la délégation du FMI à Washington.

Pas question de céder au chantage et de décréter le nouveau plan d’austérité souhaité par le Fonds monétaire et l’Union Européenne pour pouvoir piocher dans l’enveloppe de 20 milliards d’euros de crédits accordée en 2008.

Qu’on se le dise : le nouveau premier ministre issu de l’opposition de droite du Fidesz, vise bien une réduction de son prochain déficit budgétaire à 3 ,8 % du PIB, mais ceci sans réformes structurelles. Le retour à meilleure fortune passera par une taxation bien pesée des banques et des assurances implantées dans le pays. Une réforme que le parlement hongrois s’est empressé de voter vendredi sous la forme d’une taxation de 0,45 % des actifs des banques et des assurances, soit 8 à 10 fois plus que ce qui est évoqué ailleurs en Europe. Ces institutions financières dont certaines sont occupées entre autres, à lessiver les capitaux sur les bords du Danube, vont se voir prélever à la hussarde quelque 700 millions d’euros cette année soit un tiers des bénéfices bancaires et la moitié des profits des assureurs.

Or, le problème c’est que la Hongrie, qui comme on l’a vu, ne prend pas de gants avec ses créanciers, pourrait donner des idées à d’autres. A la Grèce par exemple.

Au plan économique, le profil des deux pays n’est pas très éloigné. Le taux d’inflation hongrois atteint 5,3% ( contre +5,2 % pour la Grèce) et le taux de chômage 11,4 % (contre 11 ,7 %), quant à la consommation, chez ces deux champions du surendettement, elle est en berne.

Mais, alors que le forint hongrois devrait de toute évidence se déprécier, donnant du « peps » aux exportations hongroises, la Grèce reste pieds et poings liées à l’euro.

Et cette dépendance qu’une partie des grecs vit mal pourrait bien devenir de plus en plus pesante pour Athènes alors que les deux pays se retrouvent en concurrence frontale dans les Balkans.

Nul doute par conséquent qu’à Athènes, on suivra de près dans les prochains mois, les résultats de la méthode Orban.

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