Schizophrénie européenne

Diffusés hier, les indicateurs de la Commission Européenne pour le mois de juillet, ont confirmé ce que les économistes savaient déjà. La crise de la dette souveraine a finalement eu un effet positif sur les pays du Nord de l’Europe redevenus prospères grâce à la baisse de l’euro alors que la rigueur imposée aux pays du Sud, Grèce, Portugal et Espagne ne les a pas aidés à sortir de l’ornière.

Globalement, le sentiment économique de la zone euro s’améliore tout de même, sauf dans le domaine de la construction où il reste exécrable. Le climat des affaires est néanmoins revenu à son niveau de janvier 2008 avec un indicateur de +0,66 en juillet contre -2,60 un an plus tôt à comparer avec +1,20 il y a trois ans : du mieux sur le front de l’export mais des carnets de commande inchangés et des perspectives de production prudentes, pas de quoi fouetter un chat.

En examinant les chiffres pays par pays, on s’aperçoit d’ailleurs que c’est surtout l’Allemagne qui tire les marrons du feu. Chef de bande des bons élèves de l’Europe qui compte l’Autriche, les Pays Bas, la Belgique et le Danemark, notre voisin allemand voit la confiance du consommateur revenir. Les bons indicateurs dans la distribution et la consommation pourraient même se traduire à brève échéance par un redémarrage de la demande intérieure du pays.

Le problème c’est qu’il n’y a guère que sur l’Allemagne qu’on puisse compter pour créer une vraie dynamique de croissance en zone euro. La France, l’Italie et la Pologne sont sur la voix du redressement mais il est lent, avec un chômage qui n’en finit pas. Seul le secteur des services procure vraiment des satisfactions.

L’Irlande n’a pas fourni de chiffres, mais les autres PIGS, Espagne, Portugal et Grèce évoluent toujours sur un plateau avec des indicateurs qui restent fortement dépressifs et un sentiment du consommateur qui se dégrade encore, lessivé par les nouvelles taxes destinées à renflouer les budgets. Il faudra encore un peu de temps avant que la doctrine du Docteur Trichet se vérifie. Le président de la BCE qui défend plus que jamais l’idée que la rigueur a quelque chose de rassurant et redonne le moral aux ménages, est pour l’instant démenti par les faits. Mais a-t-on vraiment le choix ?

Reste à l’Euro qui touchait 1,31 $ hier, à continuer à faire le grand écart entre pays du Sud et pays du Nord. Un test sérieux est attendu d’ici septembre. Le FMI et la Commission Européenne qui sont censés à cette date, octroyer un nouveau prêt de 9 milliards d’euros à la Grèce, séjournent à Athènes pour une tournée d’inspection. On murmure déjà que la croissance des recettes du budget grec est inférieure de moitié aux prévisions et que les budgets ne sont pas respectés…

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