La solution allemande

Fini le temps des vaches maigres ? L’économie allemande serait repartie et sur le point de constater une pénurie de main d’œuvre dans certains secteurs. Convertis à la modération salariale depuis une décennie, les syndicats allemands qui se sont satisfaits ces deux dernières années, d’une politique de maintien de l’emploi, estiment que le temps des augmentations de salaires est venu.

La question est sur la table depuis le mois d’avril. Mal vu à l’époque, alors que la plupart des européens étaient fortement incités à se serrer la ceinture, le sujet n’est plus tabou aujourd’hui. Pour peu que les entreprises acceptent de partager leurs marges qui progressent au premier semestre, il apporterait même un début de solution aux problèmes de l’Europe.

Car pour l’instant, les politiques d’austérité à l’œuvre chez la plupart de ses voisins européens, ne font que creuser encore l’écart de compétitivité avec l’Allemagne, notre surdouée de l’Europe, seul pays à tirer un large profit du recul de la monnaie unique.

Or, tout le monde sait que plus l’écart se creuse et plus la situation de la zone euro devient intenable, risquant d’affaiblir sa monnaie mais surtout d’entraîner certains pays vers le défaut de paiement.

C’est pourquoi le professeur allemand Peter Bofinger, membre du comité des sages, a estimé « appropriée » une hausse des salaires de 3 % outre-Rhin. C’est un début. Un peu plus élevée, elle aurait deux vertus, relancer la consommation et favoriser le rééquilibrage des économies, puisque celle-ci doperait les importations allemandes avec un effet positif pour ses voisins.

Après tout, s’il n’est pas possible à la Grèce, l’Espagne, la France ou l’Italie, d’atteindre le niveau de compétivité de l’Allemagne, c’est peut-être à celle-ci de s’abaisser au niveau de ses voisins. Les surdoués le savent bien, il y a toujours un moment où les meilleurs élèves doivent se mettre à la portée des autres pour que la classe continue à avancer.

A suivre aujourd’hui :

Calme sur le front des statistiques. Seules les inscriptions hebdomadaires au chômage seront publiées cet après midi aux Etats-Unis. Le consensus Reuters table sur 455.000 inscriptions, contre 457.000 la semaine précédente. En Allemagne, on surveillera les commandes industrielles de juin.

Réunion aujourd’hui des conseils de politique monétaire de la Banque d’Angleterre et de la BCE, qui rendront leur décision en tout début d’après midi. La BCE devrait maintenir ses taux directeurs à 1 % pour le 15ème mois consécutif et on n’attend pas non plus de remontée des taux britanniques, alors que la reprise s’essouffle. L’opinion du président de la BCE Jean-Claude Trichet sur l’économie européenne sera suivie avec intérêt par les marchés.

Après les américaines et les Européennes, ce sont les banques chinoises qui vont se livrer à des stress tests. Elles vont simuler une baisse de 50 à 60 % des prix de l’immobilier résidentiel là où ils ont beaucoup trop montés, indique Bloomberg. L’an dernier, les banques chinoises avaient testé une baisse de seulement 30 %. La nouvelle a fait remonter le yen, car les investisseurs asiatiques inquiets des résultats se reportent sur le Japon.

Le débat fiscal est engagé aux Etats-Unis. Le secrétaire au Trésor Timothy Geithner s’en est pris hier soir à l’administration Bush qui aurait laissé au pays un « héritage terrible ». Le gouvernement Obama doit se décider à ne pas reconduire en fin d’année, une partie des réductions d’impôt accordées pour 10 ans par les conservateurs. Il y est favorable pour 97 % des américains mais opposé pour les familles qui dégagent un revenu annuel de plus de 250.000 $ ce qui dégagerait une recette budgétaire de 700 milliards de dollars.

Commerzbank va mieux mais pas assez pour rembourser les aides de l’Etat allemand, c’est le message reçu ce matin par les marchés. Au deuxième trimestre, la banque a dégagé un bénéfice net de 352 millions d’euros, largement au-delà des 121 millions d’euros sur lesquels tablaient les analystes. Les provisions pour risques de crédit sont stabilisées. Ses dirigeants espèrent finir l’année dans le vert sauf revirement conjoncturel ou tempête sur les marchés.

Des résultats conformes pour Deutsche Telecom qui peut se targuer d’être bien parti pour afficher un Ebitda autour de 20 milliards d’euros cette année. Le groupe publie néanmoins des chiffres en baisse de près de 5 % au deuxième trimestre, une l’annonce à peu près conforme aux prévisions des analystes. Les affaires en Allemagne sont celles qui résistent le mieux.

Conséquence de la réforme américaine qu’avait soutenu officiellement Morgan Stanley, le deuxième champion de la banque d’investissement de Wall Street est sur le point de conclure de céder le contrôle de son plus grand fonds spéculatif, FrontPoint Partners, et projette de garder une participation minoritaire pendant au moins cinq ans, ont indiqué des sources proches du dossier au Wall Street Journal. Ce fonds gère 7 milliards de dollars.

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