L’optimisme tempéré de la BCE

S’il y a une chose qui peut surprendre ce matin, c’est un certain scepticisme qui ressort de la presse anglo-saxonne face aux bonnes nouvelles venues d’Europe.

Visiblement soulagé, avant de partir en vacances pour Saint-Malo, Jean-Claude Trichet, le président de la BCE a pourtant fait preuve hier d’optimisme. Avec l’impression d’y être un peu pour quelque chose, il a évoqué une croissance forte au deuxième trimestre dans la zone euro ainsi qu’un troisième trimestre « meilleur que prévu », indiquant tout de même, avec toute la réserve qui s’impose aux banquiers centraux, qu’il ne fallait pas crier victoire trop vite. A cela s’est ajouté, le satisfecit de la mission d’experts du FMI et de l’Europe sur l’avancée du plan de rigueur grec. Elle lève donc le doute sur le déblocage d’un prêt de 9 milliards d’euros à la Grèce en septembre prochain.

Pour la zone euro, les économistes tablent maintenant une hausse du PIB de l’ordre de +3 % en rythme annuel au deuxième trimestre 2010 contre +2,4 % aux Etats-Unis.

Or, le Wall Street Journal et le Financial Times, qui en avril et mai dernier, faisaient systématiquement leur Une sur les déboires de l’Europe, alors même que la croissance était déjà repartie comme on l’observe aujourd’hui, accordent bien moins de crédit au redressement de la zone euro évoqué hier par la BCE.

Sur Internet, le quotidien de Wall Street a reléguée l’information en bas de page et il se passionne davantage pour la fin présumée du programme de rachat de créances souveraines de la BCE (81 milliards jusqu’à présent) que pour la santé retrouvée de l’Europe.

Le Financial Times, ne monte pas lui non plus à la Une de ses « Marchés », page la plus consultée par la City sur le web, les propos optimistes de Jean-Claude Trichet, préférant se concentrer sur la remontée des taux interbancaires, susceptible d’entraîner la devise européenne à la hausse.

Le marché des changes a pourtant lui aussi bouder les bonnes nouvelles, ce qui n’est finalement pas plus mal. Malgré les craintes à Paris, les propos de la BCE n’ont pas fait remonter davantage l’euro face au dollar, ce qui est finalement un bon point pour les exportations européennes.

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