Un virage dangereux pour l’épargne

Que l’Etat ait besoin de plonger dans la poche des épargnants pour combler les trous de son budget, c’est une chose, qu’il s’appuie sur un rapport dont les arguments sont contestables pour prouver que les mesures fiscales en faveur de l’épargne des ménages sont coûteuses, anarchiques et inefficaces en est une autre.

Cette fois-ci, la ficelle est un peu grosse. Le plaidoyer pro domo de l’Inspection Générale des Finances (IGF) révélé hier par Les Echos avance que le soutien fiscal à l’épargne provoque « effets d’aubaine » et « incohérences ». Il conteste tacitement l’efficacité de la politique suivie pendant des années pour encourager l’investissement en actions. Dans son rapport, l’IGF estime ainsi que la suppression du crédit d’impôt sur les dividendes ( 636 millions d’euros) touchera peu de petits épargnants. Un argument destiné à faire oublier que supprimer le crédit d’impôt, c’est en fait taxer deux fois les bénéfices distribués par les entreprises et pénaliser l’actionnaire.

Critiquer l’assurance vie sous prétexte que les investissements en action ne représentent que 18 % des sommes placées ou regretter que malgré les avantages fiscaux consentis, le pourcentage d’actions détenu par les ménages plafonne autour de 12% de leur épargne depuis plusieurs années, c’est aussi oublier qu’entre 2000 et 2009, les petits porteurs ont essuyé deux crises boursières majeures, et ont vu leur portefeuille perdre plus de 30 % de sa valeur.

Le rapport souligne que l’Etat consacre annuellement 6 milliards d’euros à la détention d’actions par des actionnaires individuels et que 80 % de ces sommes profitent à une moitié seulement de la population. Or, il n’y a rien de choquant à encourager ceux qui prennent des risques. D’abord parce que les petits porteurs se rangent souvent du côté de l’entreprise et défendent ses emplois en cas d’OPA. Ensuite, parce qu’en l’absence de fonds de pension, l’épargne individuelle hexagonale tombe à pic pour financer les fonds propres et le développement des entreprises cotées.

Pour la même raison, les critiques à l’encontre de l’épargne salariale semblent mal venues. Le rapport reproche à ces fonds, exonérés de charges sociales ( 5 milliards de manque à gagner) d’avoir doublé en l’espace de dix ans, un chiffre à comparer avec une hausse de seulement 40 % pour les salaires. Ce qui prouve surtout que le succès de l’épargne salariale n’est plus à démontrer et qu’il faudrait au contraire étendre le mécanisme.

Mais « quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage ».

A suivre aujourd’hui :

Au programme outre-Rhin, l’indice Zew du sentiment économique pour le mois d’août, attendu stable. Aux Etats-Unis, les statistiques des constructions nouvelles et les prix à la production pour le mois de juillet suivront les chiffres de la production industrielle du même mois . Le consensus des économistes table sur une hausse de celle-ci de 0,6% mais les même indices en Europe ont déçus la semaine dernière. On prendra également connaissance de l’indice des prix de détail de juillet au Royaume-Uni, puis dans la zone euro, des chiffres de la balance des paiements de juin.

Des économistes du FMI, consultés par la Commission européenne sur la réglementation des ventes à découvert, critiquent dans un rapport la position allemande qui consiste à interdire cette technique sur les marchés. Le commissaire chargé des Services financiers, Michel Barnier, doit présenter des propositions à Bruxelles d’ici à l’automne sur ce même sujet. « Il y a peu de preuves de l’efficacité de l’interdiction des ventes à découvert », lit-on dans le rapport des experts du FMI. Le Fonds monétaire a lui pris ses distances avec ses économistes, précisant que ce rapport n’engageait ni sa direction, ni ses Etats membres.

L’espagnole Banco Santander a relancé les négociations en vue d’une fusion entre ses activités aux Etats-Unis héritées d’Allied Irish, et la banque américaine M&T Bank, selon le Financial Times. Le nouvel ensemble créé exercerait ses activités de crédit avec un total de bilan de 150 milliards de dollars et 1500 agences dans le Nord Est des Etats-Unis. Le projet de fusion avait échoué en mai dernier faute d’un accord sur le contrôle du nouvel ensemble. Et la question ne serait toujours pas résolue.

Aegon a averti ce matin qu’il ferait une annonce importante à propos de l’aide reçue de l’Etat en 2008. Le titre Aegon avait mal réagi la semaine dernière suite à la publication par l’assureur néerlandais d’une baisse de son excédent de capitaux en raison d’exigences plus strictes de la part d’une agence de notation. Le marché craint qu’il ne puisse pas rembourser les aides publiques dont il a bénéficié.

Des indications son attendues aujourd’hui sur les perspectives de ventes au détail aux Etats-Unis tandis que la chaine de grands magasins Wal-Mart publie ses résultats du deuxième trimestre 2010. Wall Street attend de Wal-mart un chiffre d’affaires trimestriel de 105 milliards de dollars. Plusieurs autres grands détaillants (GAP, Limited Brands, etc.) dévoileront aussi leurs résultats d’ici vendredi.

La justice américaine conteste la transaction signée entre le gendarme des marchés américains et Citigroup accusé ne pas avoir dévoilé les vrais chiffres de son exposition au subprime entre juillet et mi-octobre 2007. La juge Ellen Huvelle a refusé lundi d’approuver l’accord à l’amiable demandant à Citigroup et à la SEC des documents supplémentaires pour soutenir leur accord. Citigroup devait payer une amende limitée à 75 millions de dollars.

Du grain à moudre bientôt pour Alstom et la SNCF ? Le gouvernement américain s’est félicité lundi d’avoir reçu trois fois plus demandes de subventions en vue de bâtir des lignes de TGV émanant des Etats américains que les montants disponibles. Il existe des demandes pour 77 projets dans la moitié des 50 Etats américains et elles dépassent 8,5 milliards de dollars. Les entreprises françaises sont intéressées par les projets en Californie et en Floride.

La tendance des marchés

A Wall Street, le Dow Jones a terminé à l’équilibre hier soir tandis que le Nasdaq a bénéficié d’achats à bon compte sur les valeurs technologiques dans des volumes particulièrement faibles. Les rendements des bons du trésor américains à 30 ans ont terminé sur un plus bas de 16 mois et on attend la poursuite de la baisse aujourd’hui.

La tendance est haussière sur les marchés émergents ce matin, portés par la hausse des prix des métaux. A Tokyo, c’est au contraire la poursuite du repli (- 0,38 %), le Nikkei ayant touché un plus bas de l’année. Les Bourses européennes devraient ouvrir en hausse mardi alors que les stratégistes estiment que la plupart des éléments négatifs sont déjà intégrés dans les cours.

L’euro reste autour de 1,2850 $ ce matin tandis que les cours du brut sont hésitants. Après cinq jours de baisse, le brut léger américain vaut 75,34 $ le baril.

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