Le « rêve américain » en question

Trois ans après la crise des subprimes, l’Amérique va enfin s’attaquer au fonds du problème. Le fameux « rêve américain » , l’idée selon laquelle n’importe quelle personne vivant aux États-Unis, peut s’offrir la maison de ses rêves grâce à son travail, son courage et sa détermination, est-il encore concevable et à quel prix ?

Alors que le nombre des saisies immobilières a continué à augmenter en juillet et qu’au total 4,5 millions d’américains, risquent l’expulsion cette année, le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, tenait hier une conférence sur la réforme à venir du financement du logement. Il s’est déclaré en faveur du maintien d’une forme de garantie de l’Etat pour les prêts permettant d’accéder à la propriété.

Car derrière le « rêve américain », se cache en fait, la question brûlante, de l’avenir de Freddie Mac et de Fannie Mae. Ces deux organismes hypothécaires parapublics, qui garantissent d’une façon ou d’une autre, sans faire payer de prime, environ 90 % des 10 700 milliards de crédit à l’habitat aux Etats-Unis, sont devenus avec la crise un véritable gouffre pour le contribuable américain. L’opinion publique voit d’un mauvais œil la facture estimée à 400 milliards de dollars des pertes qu’il va falloir régler au cours des dix prochaines années. Et ce, d’autant plus, que pendant les années fastes, ces deux organismes ont engrangés des gains distribués aux actionnaires privés.

L’avenir de Freddie Mac et Fannie May, est donc sur la sellette. Les uns réclamant leur nationalisation, les autres leur disparition pure et simple. Il est vrai qu’en apportant leur garantie pour des prêts hypothécaires allant jusqu’à 729 000 de dollars dans certaines régions, ces deux caisses de refinancement ont joué un rôle dans l’envolée des prix qui a précédé la crise des subprimes, même si elles n’intervenaient pas sur ce segment de marché.

La remise à plat du financement du logement est donc inévitable, mais le moment est mal choisi pour enclencher la marche arrière. Supprimer purement et simplement l’intervention de ces deux organismes aurait pour effet immédiat de faire payer une prime à l’emprunteur, de renchérir son crédit et d’expédier les prix de l’immobilier au tapis. Inimaginable aujourd’hui.

A suivre aujourd’hui :

Au plan macroéconomique, on attend principalement cet après midi, les inscriptions hebdomadaires d’allocations chômage aux Etats-Unis, ainsi que l’indicateur composite de l’activité économique de juillet, puis celui de l’activité industrielle de la région de Philadelphie pour août. En Grande Bretagne, seront publiées les ventes de détail pour le mois dernier ainsi que l’enquête mensuelle de la CBI sur le moral des industriels.

Très suivie certainement l’intervention en Arkansas du président de la Fed de Saint Louis, James Bullard, sur le thème « Prévisions économiques et politique monétaire ». C’est lui qui ne cesse de tirer la sonnette d’alarme pour mettre en garde contre une « déflation à la japonaise » aux Etats-Unis.

Journée chargée pour le secteur informatique. Aux Etats-Unis, on suivra après Bourse, les résultats trimestriels de Dell et de Hewlett-Packard. Et en Allemagne, SAP tient une conférence de presse sur les perspectives et la stratégie après le rachat de Sybase.

La Banque du Japon ne tiendra sans doute pas de réunion d’urgence ce jeudi comme c’était prévu. La Banque centrale du Japon (BoJ) est pressée de toute part, envisage des mesures monétaires supplémentaires pour aider l’économie japonaise à reprendre de la vitalité alors que la cherté du yen et la déflation freinent la reprise. Le gouvernement devrait en tout cas prolonger de 15 mois, le mécanisme de prêts bonifiés à l’habitat accordés pour les investissements écologiques, selon le quotidien Nikkei Business Daily.

Selon Barclays Capital cité par le Financial Times, les banques américaines n’auront pas besoin de lever des fonds propres substanciels si elles doivent satisfaire aux recommandations de Bâle III qui ne sont pas encore rentrées en application. Pour un Tier One de 8 %, il faudrait seulement 115 milliards de fonds propres supplémentaires aux 35 grandes banques américaines. L’effort serait également limité selon Nomura pour les banques européennes.

Le constructeur automobile General Motors a finalement déposé hier soir son projet d’introduction en Bourse, qui devrait permettre au gouvernement actionnaire à 61%, de récupérer une partie des 50 milliards de dollars investis pendant la crise. Le Trésor américain ne devrait vendre qu’une partie de ses actions lors de cette opération, et les analystes prévoient une ou plusieurs ventes d’actions ultérieures. Le groupe a également souligné que la vente des actions préférentielles de type A qu’il détient et qui valent 2,1 milliards de dollars, n’était plus envisagée.

Bonne nouvelle pour EADS. Thai Airways International envisage déjà d’augmenter la commande d’avions Airbus qu’elle vient d’annoncer, rapportent Les Echos. Thai Airways a confirmé la semaine dernière son intention d’acquérir sept Airbus A330-300 pour un montant d’environ 1,5 milliard de dollars, mais la compagnie négocie actuellement un possible achat de 30 Airbus A350 et six A380, pour un montant théorique de plus de 9 milliards de dollars.

La tendance des marchés

Wall Street a fini quasiment à l’équilibre hier soir, grâce à la progression des valeurs de la consommation, les prévisions de ventes annoncées par Target ayant rassuré le marché sur les perspectives de la distribution. Les Bourses asiatiques étaient dans le vert ce matin, portées par les gains des valeurs des secteurs de la banque et de l’énergie. Le Nikkei gagne 0,44 % dans la perspective de nouveaux stimuli. Les Bourses européennes devraient ouvrir en hausse également.

L’euro cède du terrain face au dollar et au yen. Il vaut 1,2798 $ et 109,65 yen. Les cours du brut sont en léger repli dans les échanges électroniques en Asie, sur fond de stocks abondants aux Etats-Unis. Le WTI se négocie tout de même au dessus de 75,23 $ le baril.

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