Où l’on reparle de gouvernance

L’année 2011, promet d’ être une année agitée pour les conseils d’administration. Après la réglementation financière, le « corporate governance » est le prochain chantier des régulateurs.

A Wall Street, les actionnaires individuels détiendraient encore 30 % du flottant mais il reste du chemin à parcourir pour pouvoir véritablement parler de démocratie actionnariale. Mary Schapiro, la patronne de la SEC a donc mis au rang de ses priorités, la réforme du « Proxy process », un projet qui date de 2003 et qui doit en principe rehausser l’efficacité des conseils d’administration.

Alors qu’aux Etats-Unis, les actionnaires n’ont pas la possibilité de révoquer les administrateurs, et que proposer une nomination au conseil est un parcours long et ruineux, il s’agit de changer les règles du jeu. Selon le Wall Street Journal, sous réserve qu’il possède au moins 3 % du capital depuis deux ans, aux Etats-Unis, un groupe d’actionnaires pourra bientôt inscrire dans les résolutions de l’assemblée, le nom de son propre candidat sur la liste des administrateurs éligibles. Et surtout, l’entreprise sera tenue d’en faire la publicité à ses frais auprès de tous les actionnaires.

Après deux années ternes, en France, les activistes, observent avec intérêt ce qui se passe en Amérique. Inscrire une résolution au menu d’une assemblée avec 0,5 % du capital d’une grande entreprise cotée, et faire élire son candidat au conseil, relève toujours du parcours du combattant dans l’hexagone, même si la loi le permet. Le succès reste l’exception et le rejet par le management la règle, selon Luis de Lozada, directeur général chez Phitrust Active Investors qui regrette que le temps lui fasse souvent défaut pour faire intervenir un juge des référés.

Selon Colette Neuville ce qui manque aux activistes en France, c’est surtout la possibilité de s’adresser nommément aux actionnaires afin de faire campagne et de récolter des voix. En revanche, la loi autorise la révocation d’un administrateur en assemblée pourvu d’avoir la majorité avec soi. Après deux échecs pour destituer de son mandat, le président de Gecina, la fondatrice de l’ADAM promet une troisième tentative l’an prochain. Quant à Phitrust, il ne désespère pas de s’appuyer sur cette prérogative pour mettre de l’ordre dans la gouvernance duale de la Société Générale et de Vinci. « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer », les activistes ont adopté la devise de Guillaume d’Orange.

A suivre aujourd’hui :

On surveillera ce matin la deuxième estimation du PIB du deuxième trimestre 2010 en Allemagne, puis les commandes à l’industrie de juin au sein de la zone euro. Outre-Atlantique, on attend deux statistiques : l’enquête manufacturière de la Réserve fédérale de Richmond du mois d’août, ainsi que les ventes de logements anciens en juillet.

L’action de Potash, le premier producteur mondial de potasse a fini à 150,20 $ hier soir à New York tandis que l’offre de BHP se situe à 130 $. Potash recommande à ses actionnaires de rejeter l’offre hostile du géant minier BHP
Billiton. Le groupe canadien estime qu’il peut avoir d’autres options stratégiques et s’attend à des offres alternatives supérieures à celle de BHP. 
Potash aurait discuté avec le chinois
Vale qui réfute cependant toute démarche.

Mauvaise nouvelle pour Illiad, France Telecom, Vivendi ou Bouygues. Pressé par Bruxelles de réviser la fiscalité des offres dites triple-play – Internet, téléphonie, télévision -, la France envisagerait de relever la TVA sur les offres des opérateurs de télécommunications dès l’année prochaine, dans le cadre de la loi de Finances 2011, selon Les Echos. La part de la facture taxée à 19,6% pourrait être portée à 60% voire 70% du total contre 50 % aujourd’hui, selon le quotidien.

Sanofi Aventis et Genzyme ne sont toujours pas tombé d’accord sur le prix de rachat du second par le premier, selon le Wall Street Journal. La semaine dernière, Sanofi a failli lancer une offre d’achat hostile sur la biotech américaine, mais les deux parties ont finalement décidé de s’en tenir à des discussions amicales, Sanofi ne craignant pas d’offre concurrente. Le cours de Genzyme valorise le groupe à 17 milliards de dollars, en dessous du prix de 18,4 milliards de dollars évoqué par la presse comme étant un prix d’offre possible de la part de Sanofi.

Carrefour serait prêt à vendre ses magasins en Malaisie, si l’on en croit les propos du vice-ministre du Commerce malaisien Mukhriz Mahathir, alors que les marchés spéculent sur une sortie du groupe également de Singapour et de Thaïlande et que Carrefour compte au contraire se renforcer via son partenariat en Indonésie. Ceci accrédite l’idée d’un désengagement sélectif d’Asie.

Dans le giron de Fiat, Chrysler peine à retrouver la rentabilité. Son directeur général Sergio Marchionne a déclaré lundi qu’il serait difficile pour le constructeur automobile de dégager un bénéfice net en 2010 sans évoquer de données chiffrées pour la fin de l’année. Sauvé de la faillite en juin 2009, le numéro trois américain de l’automobile, a du mal à réduire ses pertes. Elles étaient encore de 172 millions de dollars au deuxième trimestre.

Pékin va expérimenter dans sa banlieue Ouest un nouveau mode de transport urbain révolutionnaire, le « bus volant » enjambant deux voies de circulation, selon l’AFP. Fonctionnant à l’énergie solaire, il vise à décongestionner la circulation, ne nécessite pas de place sur la chaussée, car il laisse passer les voitures passer sous des rails qu’il faut installer pour permettre son utilisation en hauteur. La pose des rails doit commencer vers la fin de l’année pour une ligne expérimentale de 6 km.

La tendance des marchés

Wall Street a une nouvelle fois été pénalisée lundi par les incertitudes entourant la conjoncture économique avec un Dow Jones en baisse de 0,38 %. Sur les marchés obligataires, les doutes ont porté le rendement du 10 ans américain à un plus bas de 16 mois sous les 3 %. Le défaitisme économique pèse aussi sur les Bourses asiatiques où l’on craint une baisse des exportations en direction des Etats-Unis. Tokyo a clôturé ce matin sous les 9000 points en recul de 1,33 %. Selon les premières estimations, les Bourses européennes sont également attendues en baisse à l’ouverture.

Le dollar continue son ascension contre l’euro qui vaut 1,2649 $ ce matin, de même que le yen au plus haut depuis 8 ans, même glissade pour le pétrole. Le brut est tombé à 72,27 $ pour le WTI après d’importants dégagements dans la journée d’hier.

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