Le veau d’or fiscalement vénéré

La rentrée fiscale européenne qui s’annonce, réserve des surprises aux ménages. Mais, à l’exception des banques qui auront droit à un matraquage en règle, le premier tour de visse budgétaire devrait épargner autant que possible les sociétés européennes.

Si le fisc a su résister à la tentation de surtaxer les entreprises pour l’instant, c’est qu’en Europe, elles sont adorées comme le « Veau d’or » pour leur capacité à générer de la croissance et à créer des emplois. Avec la crise c’est devenu une évidence.

Les milieux patronaux eux même, n’en attendaient pas tant. “ En début d’année, nous voyions venir à grand pas, un alourdissement du taux d’impôt sur les sociétés un peu partout en Europe ” confie Frédéric Bredin, président de l’association patronale Croissance Plus et directeur général de Public Système. “ Or, il s’installe au contraire une véritable concurrence fiscale entre les Etats. Tout le monde cherche à attirer les emplois” constate-t-il.

Même les analystes ont été pris à contre pied. En mai dernier, Pierre-Yves Gauthier, le fondateur du cabinet d’analyse financière Alphavalue, redoutait une raffle fiscale sur les grands groupes cotés des secteurs peu “ délocalisables ”. Les banques, les opérateurs télecom, les utilities, les groupes pétroliers ou même l’industrie pharmaceutique semblaient voués à une taxation certaine en Europe.

“Il faut avouer que nous nous sommes trompé et que nous ne sommes pas les seuls, reconnaît aujourd’hui le patron d’Alphavalue. On n’a finalement rien vu venir, ni chez les distributeurs d’eau, ni chez les pharmaceutiques ”. Le tribu prélevé sur les résultats des banques représente des sommes modestes, selon lui. Quant à la taxe sur le nucléaire qui va toucher les énergéticiens allemand, elle est toujours en ballotage, et doit être relativisée, comparée à l’avantage que procure l’allongement inespéré de la durée de vie des centrales.

Si le couple franco allemand ne revient pas dans les mois qui viennent sur le taux de l’impôt sur les sociétés, la preuve sera faite que l’Europe, en pleine mue capitaliste, a peut-être enfin compris l’intérêt pour son économie de voir ses entreprises se battre à armes égales sur la scène mondiale.

 

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