Le marché obligataire sous hypnose

Les indicateurs économiques exercent une sorte de fascination sur les investisseurs. Plus ils sont mauvais et plus les institutionnels se précipitent sur les obligations bien notées. Un comportement de moutons de panurges qui reflèterait d’un côté les anticipations déflationnistes – même faibles les taux longs présentent un attrait si les prix baissent – et de l’autre l’aversion montante pour le risque.

Mais une telle analyse pourrait bien mener le troupeau apeuré tout droit vers la falaise du krach obligataire. Pour les économistes, la question est d’ailleurs moins de savoir s’il aura lieu que quand il aura lieu.

Car dans une économie mondiale qui ralentit sans décrocher, il y a des indicateurs qui ne trompent pas. Les Bunds allemands à 10 ans rapportent du 2,3 % et les OAT françaises du 2,5 %, tandis que les actions européennes offrent 8 % de rentabilité et une forte croissance. Il faut douter de tout pour ne pas se laisser tenter. C’est d’ailleurs l’avis du courtier londonien Evolution Securities “ ce ne sont pas les perspectives bénéficiaires des entreprises qui manquent, mais la conviction qu’elles sont bien réelles ” remarquent ses stratégistes actions.

De là à craindre qu’un regain d’optimisme sur l’économie mondiale, ne réoriente les flux financiers vers les actions au détriment de l’obligataire, il n’y a qu’un pas. Le risque est pourtant limité et pas seulement parce que les prévisions sont plutôt pessimistes. En fait, les régulateurs poussent les assureurs à s’éloigner de la Bourse au profit des obligations, alors même que les émissions des Etats ou des entreprises sont en train de se raréfier. Trop de cash à investir d’un côté et pas assez d’émissions de bonne qualité pour les absorber de l’autre. L’affaire se solde fatalement par une baisse des taux sans risques. Aux Etats-Unis où la dernière émission d’IBM sur 3 ans, s’est placée à un taux record de 1 %, le phénomène est encore plus évident.

Il devrait donc encore s’écouler… un certain temps avant de ramasser les portefeuilles obligataires à la petite cuillère, c’est en tout cas le message que véhiculent aujourd’hui les courtiers.

à suivre aujourd’hui :

Au plan macroéconomique, on suivra en Allemagne, le sondage GFK de la confiance des consommateurs pour le mois de septembre. De l’autre côté de l’Atlantique, on surveillera, les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine achevée le 21 août. Mais c’est surtout la réunion des dirigeants de banques centrales qui se tient jusqu’à samedi à Jackson Hole dans l’Etat américain du Wyoming à l’occasion du symposium économique annuel de la Fed qui sera suivie de près par les marchés.

Le gouvernement japonais a bien confirmé être en train de préparer un nouveau train de dispositions diverses pour stimuler l’activité économique nippone, mise à mal par la cherté du yen persistante, par la consommation insuffisante et par le retour de la déflation. Selon les médias nippons, les nouvelles mesures pourraient être présentées avant mardi prochain. Une rallonge budgétaire est également à l’étude, malgré la très faible marge de manœuvre.

Avec un peu de recul, les chiffres de l’inflation chinoise ( +3,3 % en juillet) cachent une réalité complexe et nous donnent une explication sur la hausse des salaires observée ces derniers mois ainsi sur le stockage de matières premières agricoles sans précédent en juin et juillet. Les ménages chinois pâtissent en effet de la remontée des prix alimentaires ( due aux intempéries) et de celle des coûts médicaux, en revanche les prix des voitures, des téléphone mobiles ont considérablement baissé, selon Bloomberg.

Jean-Paul Agon, le directeur général de L’Oréal interrogé par Les Echos sur les effets de la fin du pacte d’actionnaire de Nestlé, relève que Nestlé qui « a indiqué qu’il n’augmenterait pas sa participation du vivant de Mme Bettencourt », a encore répété récemment qu’il n’était pas dans ses intentions de modifier quoi que ce soit à ses engagements, quelles que soient les circonstances. Selon lui, les déclarations faites hier par les dirigeants de Nestlé ne modifient donc en rien ces engagements. 
 Crédit Agricole SA coté à Paris, est loin d’avoir retrouvé la rentabilité qu’il affichait en 2006 et 2007 mais il a tout de même réalisé au 2ème trimestre 2010 un bénéfice net en forte hausse à 379 millions d’euros (+88,6%), dépassant les prévisions des analystes qui tablaient sur un montant de 264 millions d’euros, selon un communiqué publié jeudi. Pour la seule activité de banque de financement et d’investissement le bénéfice net atteint 330 millions d’euros en tenant compte de l’impact des actifs gérés en extinction.

Accor qui reste dans le rouge au premier semestre ( – 64 millions d’euros de pertes) , vise une augmentation de son résultat d’exploitation 2010. Le quatrième groupe hôtelier mondial veut dégager un résultat opérationnel compris entre 370 et 390 millions d’euros cette année, en nette hausse par rapport aux 236 millions de 2009. Il va accélérer son désendettement et compte sur une baisse de sa dette nette retraitée de 600 à 650 millions d’euros en 2010 contre 450 millions précédemment.

Un juge américain a rejeté mercredi une demande d’interdiction de vente d’une version générique de l’antithrombotique Lovenox, médicament vedette de Sanofi Aventis . Le générique fabriqué par le laboratoire Sandoz, filiale du groupe suisse Novartis , en collaboration avec l’américain Momenta a été approuvé en juillet dernier par l’autorité sanitaire américaine

Gemalto, le fabricant de cartes à puces pour téléphones portables et cartes de crédit, table sur une accélération de sa croissance au second semestre, visant un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’euros sur la période, après une première moitié d’année marquée par l’intégration de plusieurs acquisitions. Le groupe publie des ventes semestrielles en hausse de 5%, mais sa marge des activités opérationnelles se dégrade de près de 2 points à 8%. Son directeur général estime que la reprise économique s’installe progressivement

Selon les Echos, Orange projette de lancer sa propre tablette qui concurrencera l’iPad d’Apple. L’appareil coûtera moins de la moitié du prix de l’iPad. Fonctionnant sous le système d’exploitation Android de Google (GOOG), il sera construit par un équipementier asiatique, et fonctionnera avec une clé 3G dont l’abonnement sera vendu en même temps.

La tendance des marchés

Wall Street s’est repris hier en fin de séance, les Bourses gagnaient finalement 0,20 % en clôture pour le Dow Jones et 0,84 % pour le Nasdaq, malgré le flot de mauvaises nouvelles qui semblent maintenant intégré dans les cours. Selon les premières indications, les principales Bourses européennes devraient ouvrir en hausse ce matin, dans le sillage des places chinoises et après un rebond de 0,42 % pour le Nikkei à Tokyo.

L’Euro remonte franchement ce matin à 1,2714 $ tandis que le pétrole fait de même, le WTI vaut 72,84 $ affichant toujours une légère baisse par rapport au début de l’année. Le franc suisse continue à battre des records contre l’euro tandis que le yen reperd de la hauteur .

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