Le trading mutant dans le collimateur

La régulation financière est un chantier sans fin. Cela fait plus de deux ans que les autorités bancaires et les législateurs s’emploient à brider les moteurs des bolides que sont les banques d’investissement. A présent c’est au tour des gendarmes des marchés de veiller à la sécurité sur les circuits financiers. La SEC américaine s’intéresse de plus en plus à la structure des marchés afin que les les investisseurs ne se fassent pas berner en coulisse.

Car, l’autorité des marchés constate que les rangs des actionnaires individuels qui fréquentent les circuits boursiers, s’éclaircissent. Depuis le krach éclair du 6 mai dernier à Wall Street, chaque semaine s’est soldée par un retrait de fonds des Bourses américaines, note Mary Schapiro, sa présidente. Une des raisons de cette désertion aurait trait à la structure même des marchés d’actions.

En ligne de mire donc, des pratiques qui se propagent et créent un climat de suspicion : la montée en puissance des dark pools et le high frequency trading (HFT). Censé apporter de la liquidité aux marchés, ce nouvel environnement a montré au contraire, le 6 mai dernier qu’il pouvait conduire au krach.

Les ordres de Bourses s’exécutent de plus en plus dans les coulisses, au détriment de l’activité sur les plates formes réglementées, ceci sans garantie de transparence. Au trading traditionnel se substitue un trading mutant, exécuté par des systèmes informatiques ultra rapides, programmés pour poster des milliers d’ordres en quelques secondes mais incapables de gérer des situations hors normes. Et ce « business » du HFT dont sont friands les hedge funds et les arbitragistes, représenterait déjà 60% des volumes échangés sur le marché américain et 30 % sur le marché européen.

Seulement voilà, dans cet océan d’ordres parfois factices, l’actionnaire individuel peut avoir l’impression d’avoir à faire à des pirates. Certaines sociétés spécialisées dans le trading haute fréquence iraient jusqu’à annuler 90 % des ordres passés, non sans avoir réussi à orienter les cours dans un sens ou dans un autre. Les autorités veulent donc traquer ce qui s’apparente à des manipulations.

A la demande du sénateur de New York Charles Schumer, le gendarme de Wall Street, devrait bientôt étudier la fixation de nouvelles règles tendant à établir une durée minimale pour les ordres afin qu’ils ne puissent plus être annulés en une fraction de seconde. La SEC envisage également de revenir à une ancienne règle qui obligeait les « market makers » enregistrés à assurer la liquidité en Bourse, même dans des conditions de marché extrêmes.

Il reste à espèrer que ces idées pour être efficaces, puissent aussi faire leur chemin de ce côté-ci de l’Atlantique.

 
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