Faut-il avoir peur de Bâle III ?

Les marchés ont appris à vivre avec les hauts et les bas des valeurs bancaires. Ce qui ne veut pas dire que l’exercice soit confortable. Avec la fin des travaux du Comité de Bâle et la perspective de voir lever di manche le voile sur le chantier prudentiel, les actionnaires comptent y voir un peu plus clair dans les mois à venir.

Mais comme toujours, plus on se rapproche de la date fatidique et plus le lobying est intense. Michel Pébereau a réveillé mardi les analystes financiers, avec des accents d’Harpagon à qui l’on arrache sa cassette. Selon le président de BNP Paribas, qui s’exprimait sur BFM Radio, si les ratios de Bâle imposent aux banques françaises d’afficher 10 % de «  vrai capital  », il leur faudra trouver 150 milliards d’euros de fonds propres en six ans, autant que l’argent investi par leurs actionnaires en un siècle et demi.

Aucun analyste n’a pris le chiffre magique au sérieux, préférant caler les estimations sur les indications plus précises parues en Allemagne. Une nette augmentation des exi gences qualitatives, mais «  tout à fait gérable  » aurait confié la Société Générale aux hommes de l’art.

Pour rejoindre le port en cas de nouvelle tempête financière, il faudrait charger à bord des bilans bancaires du vrai capital à hauteur de 5-6 % des actifs pondérés, et des quasi-fonds propres de qualité in férieure mais plus faciles à trouver, qui seraient «  brûlés  » eux aussi en cas de besoin. La principale in­connue reste le joker de Bâle  : un «  supercoussin  » de fonds propres «  contracycliques  » dont les contours restent à définir.

En Bourse, les investisseurs ont préféré pa tienter avant de s’embarquer sur les «  paquebots financiers  ». Et, les banques françaises tirées vers le bas par la performance du Crédit Agricole sont particulièrement mal valorisées en Bourse, affublées d’une décote de 30 % sur leur valeur intrinsèque, là où les espagnoles et les nordiques affichent respectivement 10 et 20 % de surcote. De deux choses l’une, soit le marché a anticipé à juste titre de nouveaux besoins en capital, soit il faut s’attendre à un rattrapage dans les prochains mois.

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