Une rigueur d’opérette

Dans le concert européen, la France joue une partition singulière. Comme les réformes sociales, l’exercice budgétaire de l’Etat, donne cette année le spectacle d’un accouchement long et douloureux. Pas de mutilation des dépenses publiques comme en Angleterre, pas de relèvement de TVA comme en Espagne, pas de coupes claires dans le social comme en Allemagne. L’exercice lent de sape des niches fiscales déroulé comme un ruban cet été, se soldera par un coup de rabot sur 22 d’entre elles.

Mais pour certains économistes, la France qui fait dans la dentelle, ne fait pas vraiment dans l’austérité. “Ramener le déficit budgétaire de 8 à 6 % du PIB en 2011, c’est tout à fait à sa portée” soulignait Frédérique Cerisier début septembre. D’abord parce que la base de départ du budget 2011 sera plus confortable que prévue avec un déficit plus proche de 7,8 % cette année que de 8 %, explique l’économiste de BNP Paribas.Ensuite, parce que la fin à la fois des plans de relance et du surcoût de taxe professionnelle, va libérer 0,6 à 0,7 point de PIB côté dépenses, l’an prochain.

La mise en œuvre de la réforme des retraites peut elle aussi, rapporter au moins 0,3 point. Quant aux déficits sociaux plus proches de 25 milliards d’euros que des 30 attendus, ils permettront de trouver quelques dixièmes de points d’économies supplémentaires pour le budget 2011. Et c’est sans compter la bonne nouvelle des taux longs au plancher, qui va alléger le service de la dette et génère déjà des économies.

Pour les agences qui notent la dette de la France, la question est ailleurs. Critique d’art à l’affût, Moody’s voudra surtout juger sur pièce des efforts prévus en 2012. Or, la deuxième partition du concert budgétaire, destinée à retrouver en 2013 un déficit de 3 % du PIB se jouera l’an prochain en pleine année électorale. A moins d’une amélioration exceptionnelle de la conjoncture qui n’est pas au menu pour l’instant, elle est d’ores et déjà nettement moins facile à écrire que la première.

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Un commentaire pour Une rigueur d’opérette

  1. C’est en 2010 qu’il fallait commencer à réduire les dépenses publiques. Les agences de notation n’ont pas été assez sévères à l’époque.

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