La vertu ne suffit pas

En l’absence d’informations financières fournies venant des entreprises, l’Irlande et dans une moindre mesure le Portugal devraient tenir cette semaine la vedette sur le marché de la dette souveraine.

Mais, ce qui se passe chez le plus petit des grands pays européens, n’est pas fait pour calmer les peurs. Le taux du « 10 ans » irlandais a passé le cap des 6,30 % vendredi, allant bien au delà du pic de mai 2010. Aux yeux des investisseurs, l’Irlande se laisse entraîner par le fonds par ses banques sans que la BCE ne réussisse à stopper le renchérissement de sa dette. Barclays Capital estime que si l’Etat irlandais doit payer pour recapitaliser Anglo Irish Bank nationalisée début 2009, il lui faudra faire appel à l’aide du FMI.

Le ministre des Finances irlandais comme le Fonds monétaire ont beau s’en défendre, le pays reste dans une très mauvaise passe. Déjà 23 milliards mis sur la table pour sauver ce qui peut l’être de la troisième banque du pays, et il en faudrait encore un douzaine d’ici la fin de l’année, selon les analystes, tant la qualité des prêts est mauvaise. Un montant colossale, alors que l’ex tigre Celtique s’est saigné à blanc ces deux dernières années, taillant dans ses dépenses sociales et abaissant de plus de 10 % les salaires des fonctionnaires, pour dégager environ 4 milliards d’euros d’économies par an. Tout cela pour aboutir en 2010, à un déficit budgétaire qui pourrait représenter 20 à 25 % du PIB soit plus que les 14 % de 2009 !

Faut-il vraiment aller plus loin, alors que l’indice de la misère – taux d’inflation + chômage – montre que l’Irlande est de tous les pays de l’OCDE, celui dont la situation a le plus empiré en un an.

La tolérance incroyable dont ont fait preuve les agences de notation vantant la crédibilité, l’efficacité et la transparence d’un pays qui a pourtant laissé aller son système bancaire à vau-l’eau, devrait toucher à sa fin. L’Irlande mérite-t-elle encore un rating double A ? C’est la question que se posent ceux qui envisagent de participer à l’adjudication de 1 à 1,5 milliards d’euros sur 4 et 8 ans qui se déroule demain.

Reste que si l’adjudication avait lieu à des taux prohibitifs, elle permettrait peut-être d’accélérer l’entrée en scène du FMI et du fonds de stabilité financière européen de 440 milliards d’euros à présent opérationnel. En matière budgétaire, si la vertu est une bonne discipline, il serait temps de s’apercevoir qu’elle ne suffit pas.

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