Banque cherche président

Quatre patrons du Top 10 des banques européennes annoncent qu’ils se retirent en l’espace d’un mois, c’est beaucoup. En attendant d’y voir clair sur ce qui ressemble de loin à une épidémie de départs, le choix des remplaçants va offrir un feuilleton passionnant aux marchés. Car si on estime que les banques restent les principales responsables des crises financières, leurs mandataires sociaux constituent la première ligne de front pour combattre celles-ci.

Il va falloir trouver un successeur à John Varley, le directeur général de Barclays, à Eric Daniels, celui de Lloyds Banking Group, à Alessandro Profumo, le patron d’Unicredit, et remplacer le président d’HSBC, Stephen Green, nommé en janvier prochain ministre du Commerce britannique.

Mais ce serait une erreur de croire que l’affaire peut se régler d’un coup de cuillère à pot car les temps ont changé. Les régulateurs sont sur les dents. Au Royaume Uni surtout, où le rapport Walker de 2009, très critique à l’égard de la gouvernance des banques a démontré l’importance du bon fonctionnement des organes de direction et du choix de profils pour occuper les fonctions bancaires au plus haut niveau.

De surcroît, les fonds d’investissement et souverains, eux-même sous pression, sont devenus exigeants sur le casting. Les choix de gouvernance ne doivent plus être ni une « affaire de famille » ni une « une question politique ». Non seulement le mode de direction bi-céphale du type directeur général et président non exécutif est considéré comme la norme un peu partout, mais il faut maintenant éviter les jeux de chaises musicales qui font d’un directeur général, un président trop consensuel du jour au lendemain. Il est maintenant admis que les qualités exigées pour animer un conseil ne sont pas celles qui forgent un bon exécutif.

Mais l’idée de devoir renoncer à cette coutume successorale, complique sérieusement la tâche du conseil de HSBC, en plus des problèmes de localisation des dirigeants à Londres ou Hong Kong. Le Financial Times avançait hier que son directeur général Michael Geoghegan, menaçait de démissionner s’il n’obtenait pas le poste du Président et se voyait coiffer par John Thornton, l’ex-patron de Goldman Sachs, un des favoris pour le poste.

En France, on suivra de près ces affaires. La séparation des fonctions et la nomination d’un président peut s’inviter au programme de la prochaine AG de la Société Générale, avec le coup de pouce des activistes de Phitrust. Et le conseil de BNP Paribas va devoir organiser assez vite la succession de Michel Pébereau dont le mandat de Président tombe d’office en mai 2011 et ne peut se prolonger, en l’état actuel des statuts, au delà du printemps 2012.

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