Le biais positif

Ce n’est pas la première fois que la Bourse défie les fondamentaux économiques mais cette fois-ci il y a une vraie discordance. Septembre a débuté en fanfare, et à moins d’un effondrement total, les indices des grandes places occidentales devraient terminer le mois sur une hausse de 8 à 9 %.

Au plan macro économique c’est une autre histoire. Les indicateurs sont pratiquement tous aussi mal orientés aux Etats-Unis. S’il chute pour le mois de septembre, comme le craignent les économistes, l’indice ISM de la production manufacturière publié vendredi sonnera le glas d’une croissance américaine, même sans emplois. En Europe, ce n’est pas mieux.La situation inquiétante du Portugal et de l’Irlande, dans une zone euro toujours critiquée pour sa gouvernance économique, ne va pas améliorer la perception de ses problèmes de dettes.

Mais les mauvaises nouvelles pèsent peu. Depuis quelques semaines, le fameux « biais positif », cette propension à retenir surtout les bonnes nouvelles semble guider des marchés. Il ne faudrait pas couper l’appétit des investisseurs, alors qu’il va falloir financer ces jours-ci pas moins de neuf introductions en Bourse à Wall Street pour un total de 3,3 milliards de dollars.

Le flux d’information fait donc une place importante aux OPA, aux révisions à la hausse d’estimations des analystes et aux indicateurs économiques les moins sinistrés. Au chapître des encouragements aussi : ces petits porteurs britanniques revenus en Bourse, ou ces patrons de blue chips qui ratissent la croissance chez les émergents. Et surtout, ces traders rassurés par les délais d’application de Bâle III, qui voient dans la perspective d’un nouveau « lâcher de liquidités » de la Fed, une aubaine pour les marchés d’actions.

Qui faut-il suivre ? Pour l’équipe de stratégistes de Groupama, la succession de nouvelles négatives puis positives, serait seulement à l’origine d’un gentil va et vient boursier orchestré à l’intérieur de bandes de fluctuation, pas d’une perspective haussière à long terme. Car les risques liés aux fondamentaux économiques, tout comme ceux liés à l’absence de réglementation n’ont pas disparus, ils sont seulement décalés dans le temps.

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Un commentaire pour Le biais positif

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